Fil de fer et automobile

Je lance ce fil « à la mer » car la lecture d’un post d’un membre réparant sa tringlerie de boite de vitesse avec ce fameux fil miracle m’a rappelé que sur ma 305 le verrouillage de la tringle de 1er/ seconde tient depuis 10 ans (et peut être même pluis) avec du fil de fer.
Alors si vous aussi vous avez utilisé de manière provisoire ou définitive cet accessoire indispensable dans toute automobile merci de raconter votre histoire.
Je commence avec les souvenirs de la 404 commerciale du Papa, dont le pot de détente avait une facheuse tendance à se percer, la réparation provisoire consistait à une boite de conserve solidement tenue par du fil de fer.
Merci William!

Pour ma part pas pour l’instant dans l’automobile mais dans le ferroviaire, car véridique le fil de fer figure au carnet d’inventaire des caisses à outils des locomotives de la S.N.C.F: on sauve même des trains parfois avec un bout de fil de fer.

Et sur les avions d’Air France?

Nous l’avons même fait dans le pays de la précision, (en Suisse) lors de la dernière AG 2013.
salutations à tous. Jean-Pierre

sur mon automatique, le fil de fer qui soutient la rotule tient depuis…au moins 4 ans…
une reparation identique sur la BA7 de yoann a tenu …au moins autant…
A defaut, le muselé d’une bouteille de champagne ou assimilé fait l’affaire…

Pareil, pour pallier une rotule défaillante de biellette de tringlerie de vitesses sur la 404.

Egalement pour soutenir un échappement dont les brides de caoutchouc s’usent exagérément vite.

Toujours en échappement, sur une autre ancienne, deux tuyaux censés s’accoupler étaient trop courts (ah les refabrications…), il n’y avait qu’1 à 2 cm de longueur commune. Remède pendant quelques années : un saucissonnage au fil de fer suivi d’un badigeonnage de pâte d’échappement (Gun Gum ou autre) et de quelques minutes de chauffe pour solidariser le tout.
Depuis, cela a été remplacé par une « attelle » en tôle d’inox d’une dizaine de cm, recouvrant les deux tubes et fixée à chacun par un collier Serflex - tôle d’inox de première qualité d’ailleurs, obtenue par disquage de la paroi d’une vieille casserole.

En relisant ce post, qui commence à dater, je me demande si la débrouillardise dans le domaine de l’automobile même ancienne n’est pas entrain de disparaitre. je m’explique; alors que nos anciennes nous permettent justement d’intervenir, de réparer avec des moyens du bord parfois non homologué par les constructeurs, on constate que les nouveaux restaurateurs cherchent en permanence l’écrous ou la rondelle d’origine, allant d’ailleur, à remettre les « emmerdes » conformes à l’origine. approche complètement différente avec nos amis de la perfide Albion, qui eux cherchent à rouler. Du coup on trouve de plus en plus de voitures encore plus d’origine que le jour ou elles ont quitté les chaines de l’usine; tellement neuves que leur propriétaire hésitent à les utiliser de peur qu’elles ne s’usent! combien de fois a t on entendu « Moi ma voiture elle ne sort pas quand il pleut, …ah bon elle est en sucre? » inutile de lui parler fil de fer, car vous êtes immédiatement fusillé du regard et jugé comme étant un dangereux individu tout juste bon à enfermer. Personnellement je trouve cela dommage car elles ont été concues avant tout pour rouler et c’est l’ensemble de leurs defauts qui font leur charme: la décomposition du mouvement du poignet pour rentrer les vitesses d’une C3, le sifflement caratéristique de la 1ERE vitesse d’une Aronde, ou les « pets pets » d’une panpan sont autant de signes qui faisaient une marque.
J’ai toujours le fameux fils de fer dans le coffre de mes anciennes, pas dans celui d’une moderne, mais je pense que je vais corriger cette état de fait car sait on jamais cela pourrait malgré tout servir à l’ère de l’informatique et de l’interconnecté.

Je partage grandement ton analyse. Je suis de ceux pour qui « çà doit avant tout rouler », et je ne suis pas contre les petites améliorations discrètes qui fiabilisent et font mieux que l’origine. Tout comme je n’hésite pas à utiliser certains produits contemporains de meilleurs qualité, de par le progrès, qu’à l’époque. Donc oui au adaptations qui respectent l’esprit de l’auto (je n’irai pas mettre un clignotant avant de 1975 sur ma 1964 bien sûr).

A titre d’exemple, au retour d’Arras mon copain Mathieu m’a dépanné avec un câble de son vélo pour changer mon câble d’accélérateur qui a cassé net sur l’A1 : il y est toujours, et le restera.

Tout à fait d’accord. Dans un premier temps: les carburants: aujourd’hui nous remplaçons le trététine de plomb qui lubrifiait par un substitut potassé. leur qualité (même s’ils peuvent êtres corrosifs) est meilleure. notre 404 consomme 8/9l la 504 9/10. Je me souviens que lorsque mon beau-père parlait consommation elle descendait rarement sous les 10l.
l’hiver dernier j’ai remplacé l’alternateur d’origine par un de 504 5amp plus puissant. J’ai aussi adapté le joint qui entoure le toit ouvrant, considérant l’origine comme étant onéreux. les pneus sont des nankangs et pas de michelin ou conti.
Alors oui! ce n’est pas conforme à l’origine et pourtant ces adaptations ne m’apparaissent pas aller contre l’esprit.
je sors la 404 régulièrement peu importe la météo, à part la neige bien sur(quoique)depuis janvier 2010 date de l’héritage nous avons parcouru 23000kms. mon épouse l’utilise régulièrement pour faire les courses.
que du plaisir de piloter cette ancienne qui nous fait traverser au vrai sens du terme la France.
je viens de nous inscrire à l’AG en mai. ce sera notre 1ère. avec Chantal nous avons hâte de participer à cette rencontre et ce moment de partage.

Qu’appelle-tu le « trététine » de plomb? ???

Pour ne pas avoir obtenu les effets escomptés par l’additifs au potassium, je ne le mettrai pas au registre des améliorations… Par contre, j’ai fait passer ma culasse au sans-plomb, et çà oui : satisfaisant.

Sans doute le plomb tétraéthyle :wink: .

Ayant participé à ce post dans la série « fil de fer », je ne me sens pas concerné par le discours de ndoucet. Mais si les pièces d’origine étaient disponibles dans le réseau Peugeot à des prix raisonnables, personne ne s’embêterait à utiliser du fil de fer, à part en dépannage en attendant une réparation dans les règles de l’art avec des pièces de qualité.
Et si on trouvait des Michelin X au prix des Nankang, qui achèterait des Nankang ? A part peut-être Alain51, par esprit rebelle ;D .

Plus généralement, c’est une question de soin apporté à sa voiture : les « voitures de papis », toujours parquées dans un garage couvert, toujours entretenues en concession et roulant assez peu, restent quand même les meilleures occasions, alors que les 404 à 500 balles des années 80 garées dans le parking de la cité sont depuis longtemps transformées en fer à béton.
Entre une 404 de « collectionneur à fil de fer » (la mienne par exemple, les vôtres peut-être) roulant sans retenue au prix d’adaptations hérétiques, et une 404 méticuleusement entretenue pendant 50 ans par son premier propriétaire, avec un carnet d’entretien limpide montrant que la voiture ne sortait du garage chauffé que le week-end pour parcourir la vingtaine de km nécessaire à aller voir la cousine à la ville voisine, laquelle choisiriez-vous ?

Et bien très franchement, entre une 404 remise à plus neuve que neuve mais destinée à faire les expos en statique et une 404 présentant encore bien malgré 50 ans passés une patine d’origine (sans être une poubelle pour autant) avec laquelle je n’ai aucune crainte à passer dans un chemin de terre caillouteux et boueux tu serais surpris de ma réponse car je prendrais la seconde.
Je n’ai rien contre les restaurations à la puissance 1000, simplement ce n’est pas mon truc; j’admire d’un coté le travail fait par ces « acharnés du boulot », mais non merci! il va de soit que la réparation fil de fer n’est que du momentané pouvant se prolonger sur une période plus ou moins longue, le temps de trouver la pièce qui va bien.
Sur ma SL de 66, le moteur est d’origine, avec 2 tours de compteurs, malgré un peu de jeu latéral (limite tolérance) il va rester ainsi. son allumage est électronique (à effet hall, et il n’est jamais tombé en panne) mais toujours avec la dynamo et pourtant les phares sont à iode; elle possède toujours son hydrovac que j’ai restaurée moi même; et quelques points de rouille sont apparues au niveau des ailes arrières par le coffre; je roule au sans plomb sans additif depuis 15 ans.
le retour 4ème 3ème accroche un peu si le mouvement n’est pas décomposé comme il faut; le moteur d’essuie glace a été remplacé par un plus récent et sans doute bien d’autres choses que j’oublie
Mais c’est ainsi qu’elle me plait.

Les « Garage Queens » pour moi, c’est un peut comme les pin up de Playboy.
C’est plus que joli, parfait …
Mais si on a peur de la sortir a la moindre goutte d’eau…

Le fil de fer, de toute façon il ne se voit pas … et elle roule.

Vous avez ouvert un débat qui pourrait être sans fin car tout le monde à raison : chacun fait selon ses gouts, selon sa bourse et selon ses compétences, l’important c’est de se faire plaisir avec nos 404 et ça c’est un point largement partagé, quel que soit la philo.

Je pense qu’il y a 3 grandes catégories, 3 philosophies principales qui nous animent mais ça n’est pas toujours exclusif et on peut parfois suivre plusieurs de ces voies :

La 1ere catégorie c’est ceux qui trouvent le plaisir dans la perfection : on en peut qu’admirer en effet ceux sont animés par la quête d’une restauration en état concours voire mieux que neuf, c’est évident qu’ils y trouvent une grande satisfaction et une fierté bien méritée. Et si la plupart roulent peu ça n’est pas toujours le cas, certains n’hésitent pas à utiliser très fréquemment leur véhicule quitte à refaire périodiquement une remise à niveau pour garder leur véhicule en état concours. En général ils préfèreront une solution de refabrication lorsqu’elle donne un rendu parfait plutôt que de réutiliser une pièce d’origine si elle est en moins bon état , et concernant le fil de fer ils vont certainement refuser cette solution ou alors de façon très temporaire.

Ensuite il y a ceux qui privilégient à tout prix l’usage. Ils peuvent prendre leur pied à rouler dans une auto moins rutilante, plutôt dans son jus mais qu’ils peuvent plus facilement utiliser au quotidien et dans toutes sortes de conditions, c’est leur plaisir et comme cela se comprend ! car c’est quand même le plaisir principal d’une automobile : celui de rouler, et en ancienne ce plaisir est décuplé par des sensations particulières qui ont un peu disparu sur nos véhicules modernes. S’ils utilisent des solutions fil de fer pour poursuivre la route, ils ont bien raison.

Après il y a des mordus de la configuration d’origine, c’est une autre philo. Ils n’aiment pas trop les refabrications ni les solutions fil de fer. Ça peut paraitre surprenant qu’ils préfèrent retrouver les désagréments voire les ennuis ou les risques des solutions d’époque plutôt que de mettre des solutions de remplacement plus modernes et plus fiables, mais personnellement je comprends cette approche (c’est un peu la mienne sans être extrémiste), car c’est aussi avec leurs défauts d’époque que nos vieilles autos ont du charme. Et c’est gratifiant de remettre en état un vieux composant plutôt que le changer par une fabrication moderne. C’est bien dans l’esprit de nos autos, tous les composants étaient réparables, et c’est louable de préférer les réparer dans les normes plutôt qu’avec une solution fil de fer.

Voilà, alors je dirais que les perfectionnistes ont raison, les mordus de l’usage et du fil de fer ont également raison, et pareil pour les mordus de l’origine, on a tous raison de prendre notre pied avec nos 404, chacun à sa facon…

Tres belle presentation et expliquation! Je suis tres content (et meme oblige) de prendre la philosophie numero 2!!! Ca me fait vraiment grand plaisir de rouler dans une belle voiture classique francaise - tres rare et presque impossible a trouver chez moi! Et ca me fait rapeller toujours les tres bons souvenir de la France. Mais c’est presqu’ impossible a trouver des pieces d’origine ici parce que les pieces d’origine n’existe plus! Donc - on roule avec ce qu’ on peut trouver ou adapter - fils de fer -ou electrovanne adapte de porsche en mon cas! Merci pour ta belle histoire de restoration et tes reflections! A+ Todd

C’ est une excellente analyse .

J’aime bien ces commentaires , un débat sain qui ne tourne pas au pugilat , et là , chapeau bas.
Chacun donne son avis sans critique et sans jugement.
Et heureusement que nous nous retrouvons dans une de ces 3 philosophies, car c’est comme ça que nous arriverons a préserver nos voitures.
Pour ma part , je suis un ayatollah de l’origine , je ne sort pas ma 204 quand il pleut , la 404 vraiment sous la contrainte , et après sa restauration se sera encore plus compliqué…
Mais je roule régulièrement , des que je peux , environs 6000km par an, je mets que des pièces d’origine quand j’en trouve , mais j’ai aussi des Rilsans dans le coffre, du fil de fer et du skotch.
Vola ma petite contribution à ce post.

Je me reconnais un peu dans les trois, selon les sujets… Et j’espère pouvoir m’offrir une restauration sérieuse dés que possible.

Un petit déterrage et une participation: pas plus tard qu’il y a trois semaines , certes pas avec la 404 mais une de ses ayeules ( la 601) j’ai eu la fâcheuse idée de sortir d’une pommeraie normande, accompagné de 21 autres voitures dont celle d’Anatole par le portail central.
Or j’avais totalement oublié que les arrets de portails normands étaient à la fois costauds et assez haut: mon silencieux d’échappement a eu la fâcheuse idée de faire des mamours avec celui-ci et de s’y attacher , arrachant par là les soudures du pot …
Il a fallu donc, pour continuer le rallye, que je raboute pot et tube histoire de faire moins de bruit, ou essayer…
J’ai donc sorti le fil magique, non pas de fer mais de cuivre 2.5mm: double utilisation comme conducteur éventuel et comme fil de fer à l’occasion
Et le fameux fil a tenu jusqu’à la fin des deux jours , certes pas le top mais bien comme dépannage du dimanche !
Et maintenant la 601 a un pot de 404 tout neuf ;D