Reprenons :
La date qui figure sur les attestations Peugeot n’est pas équivalente au jour de la sortie d’usine (et encore moins de chaîne) du véhicule. C’est une date de facturation usine, donc une sortie usine comptable.
Je reproduis ci-dessous, ce que j’ai écrit dans le fil que je citais ci-dessus, en le retoquant.
[i]"… l’attestation permet de retrouver la date de facturation par l’usine à l’agent ou concessionnaire vendeur et la ville de destination.
L’intérêt est limité quand la voiture est une première main et que l’on en sait l’histoire.
Pour les modèles plus anciens, notamment avant-guerre, dont la vie a souvent été mouvementée, c’est souvent utile.
A noter quand même, que la date est d’un intérêt relatif. A l’époque de Christian Monnier au service archives du musée (avec lequel j’avais eu de longues relations épistolaires et dont le départ a causé un grand vide), j’avais fini par découvrir une chose en compilant les diverses attestations demandées (4 ou 5 pour des 203, et idem pour des 302-402). L’attestation de date fournie par Peugeot est une attestation de date de facturation usine (pompeusement appelée « sortie usine », mais ce n’est pas une critique, il faut déjà saluer l’existence de ce « service »). Je m’en étais déjà aperçu en voyant sur plusieurs attestations que c’était toujours l’un des derniers jours du mois (pas toujours le 30 ou 31 puisque on retire les jours non travaillés). Toutes les voitures vendues par Peugeot aux agents dans un mois M ont une attestation de date avec la même date.
Comment en suis-je parvenu à cette certitude ?
Un jour, ils ont commis une bourde et m’ont envoyé deux attestations successives pour une même 402, portant deux dates différentes. J’ai alors eu confirmation que l’une était cette date de facturation « comptable » et l’autre la date de commande. Aucune des deux, d’après mon enquête postérieure, ne correspond à la fabrication de la voiture. La première (la date de commande) est a priori celle de l’enregistrement de la commande par Peugeot. On affecte vraisemblablement ensuite la commande à un véhicule sur parc ou sur chaîne selon le ratio « nombre de commandes " « stock » « production ». Mais cette date est sans doute plus réelle que l’autre car la facturation usine est mensuelle, et la voiture pouvait très bien être partie depuis longtemps.
Cela m’a été confirmé par Ch. Monnier ensuite.
Application à ma 402 (celle qui roulera un jour) : la date de facturation est le 31/01/36 or elle est la 313ème construite et était sans contestation possible sur chaîne en octobre 35, (déduit des tableaux mensuels de production fournis par Ch. Monnier). Ca ne collait pas. Quand j’ai eu obtenu la seconde date, c’était pile-poil : date de commande le 15/10/35.
Autre dossier : une épave de 302 dont j’ai retrouvé toute l’histoire aux Archives départementales grâce à son n° immatriculation d’avant 50. Sa 1ère carte grise lui avait délivrée le 31 mars 37. Or l’attestation Peugeot donnait exactement cette même date (dernier jour de mois, jour de sortie comptable). La voiture étant vendue le même jour (en fait, même avant puisque le 31 est la date ou la Préfecture émet la carte grise) à l’autre bout de la France, manifestement, elle était fabriquée depuis un moment. Je n’ai pas confirmé en demandant l’attestation de date de commande pour celle-là. Il ne faut pas abuser et elle est morte de toute façon. Requiescat in Pace.
Mais il semble que cette co-existence de deux séries de dates se cantonnent à l’avant guerre et peut-être pas pour tous les modèles. »[/i]
Notons que l’écart entre les deux séries de données (date de commande et date de facturation) est important : pour ma 402 principale, c’est 16 octobre 1935 et 31 janvier 36, soit 3 mois et demi / pour l’autre 402 épave pour laquelle j’ai eu aussi deux documents, c’est 24 juin 1938 et 31 août 1938, soit plus de deux mois. L’écart est donc flottant et j’en ai déduis (hypothèse) que la date comptable correspondait peut-être à la date de la vente par le concessionnaire ou l’agent. La voiture passait des stocks au revendeur sans débours immédiat pour lui et lorsque la vente était faite, Peugeot facturait réellement la voiture à son revendeur qui n’avait ainsi pas à « avancer » le prix avant d’avoir lui-même fait la vente. Mais ce ne sont que des suppositions.
J’ajoute encore c’est exactement la même chose pour ma 404 : l’attestation Peugeot me donne une sortie usine le 23/02/1966 or la première carte grise a été délivrée le 24 à Amiens. Une voiture sortie d’usine, livrée en concession, vendue et immatriculée en moins de 24 heures, c’est inconcevable.
Cependant, je ne sais pas si pour les années 60, les deux séries de dates existent encore en parallèle (commande et facturation). Je n’ai plus obtenu d’infos dans ce domaine de la part du musée Peugeot depuis que Monnier est parti.
Maintenant, je ne fais que livrer les conclusions d’une enquête personnelle documentée. Je n’ai pas la science infuse, et c’est uniquement sur la base de documents et surtout après confirmation de Ch. Monnier il y 15 ans, que j’estime donc que la date que l’on nous fournit sur les attestations Peugeot est d’un intérêt très mesuré.
Cela est néanmoins l’occasion de lancer une petite enquête : ceux d’entre-vous qui ont une attestation Peugeot peuvent déjà vérifier si elle date de la fin du mois. Si vous connaissez ensuite la date de première mise en circulation, comparez pour voir.
Il se peut que mes conclusions ne vaillent pas pour toutes les générations de Peugeot (je l’ai pensé tout d’abord avant d’avoir le document pour la 404). Avant-guerre et 203, c’est en revanche certain.